Ce téléphone portable fut longtemps vénéré, y compris par Barack Obama, avant d'être irrémédiablement poussé vers la sortie par l'avènement du smartphone.
Annoncée plusieurs fois, la mort du BlackBerry est cette fois inéluctable. En totale perte de vitesse depuis que les smartphones ont pris toute la place, ce téléphone reconnaissable entre mille poursuivra son extinction le 4 janvier 2022. Même ses utilisateurs et utilisatrices irréductibles n'auront sans doute pas d'autre choix que de le ranger dans un tiroir afin de le reléguer au rang de relique.
L'entreprise a elle-même annoncé que c'était terminé, explique The Verge. Sur le site de BlackBerry, on peut lire que le système d'exploitation du fameux téléphone «ne fonctionnera plus de façon fiable» à partir du 4 janvier. Plus précisément, la possibilité de téléphoner, d'envoyer des e-mails ou des SMS, ou encore d'utiliser un réseau mobile n'est plus garantie. Il n'est même pas certain que ce téléphone permette encore d'effectuer des appels d'urgence. Reste la fonction presse-papier.
Les appareils en eux-mêmes ne s'auto-détruiront pas à cette date; d'ailleurs, ceux qui fonctionnent sous Android continueront apparemment à fonctionner –au moins pour un temps. En revanche, il n'y aura plus rien à tirer de l'essence même du BlackBerry, à savoir son système d'exploitation.
The Verge en profite pour se retourner sur des années 2000 au cours desquelles BlackBerry occupait près de 50 % du marché américains du téléphone mobile, tant son clavier intégral (QWERTY ou AZERTY) et sa bonne réputation en matière de sécurité avaient su conquérir les foules.
On se souvient à quel point Barack Obama lui-même avait tenu à conserver son VZW BlackBerry 8830 personnel après son élection, même si la tentation de l'iPhone 6 était grande. Contraint par sa fonction d'employer des appareils autrement plus sécurisés, il avait cependant obtenu l'autorisation de continuer à utiliser son BlackBerry, mais uniquement pour échanger avec quelques contacts privilégiés.
L'entreprise BlackBerry Limited ne disparaît pas pour autant: depuis plusieurs années, elle conçoit et vend des logiciels de cybersécurité, tirant profit de sa réputation passée. Car s'il n'était peut-être pas assez sûr pour un président des États-Unis, le BlackBerry était une vraie référence en matière de sécurité. De façon certaine, il valait en tout cas bien mieux que ses concurrents de l'époque. Tiens, en passant, vous vous souvenez des téléphones Nokia?